En bref: Dans un univers post-apocalyptique dévasté par les eaux : cinq naufragés, un radeau, une île, un cargo gagné par la dissidence... Un conte noir et mordant.
Une île, un jeu de massacre, de la cruauté à revendre Non il ne sagit pas dun énième épisode de Battle Royale mais bien de Passer lhiver, allégorie post-apocalyptique de notre monde moderne. Un album corrosif et sans concession.
Passer lhiver, cest dabord une couverture proprement irrésistible et qui, après lecture, se révèle synthétiser à merveille lesprit de lalbum. Dun côté un bestiaire en apparence tendre et attachant, de lautre, une bombe prête à péter à la gueule de ce petit monde au dos criblé darmes blanches. Ce quatrième de couverture, parfait contrechamps du premier, en déplace le point de vue et annonce la couleur : « Ca va saigner ! ».
Passer lhiver est une fable cruelle et drôle, ou plutôt drôlement cruelle. Les dialogues de Marc Lizano sont incisifs. Sans fioritures, ils vont à lessentiel et se déclinent souvent en joutes verbales tout à fait réjouissantes.
Au dessin, Vincent Rioult, qui avait déjà illustré deux histoires courtes dans la revue Patate douce, transforme admirablement son premier coup dessai sur album. Son dessin animalier, empreint de (fausse) naïveté, sied parfaitement à lambiance corrosive dun album qui, décidément, cultive les contraires avec une cohérence rare et surtout beaucoup de talent. Réalisés en gravure sur bois, les dessins sont (après impression et scanage de la planche) ensuite insérés dans des décors extraits de gravures dune ancienne édition de Robinson Crusoë. Le tout se marie à merveille et dégage un dynamisme étonnant qui ne se dément pas tout au long de lalbum.
Aussi déstabilisant que passionnant, Passer lhiver est un album « coup de poing » à découvrir absolument !
Vos commentaires :
Posté par oligotron
le 24/06/2004
Voici une perle rare qui ravira les inconditionnels de la BD d'auteur. Une fable animalière, qui ne saurait se résumer à ça, bien rafraichissante pour passer l'été... Ou comment démontrer qu'avec des personnages animaliers, presques comiques dans leur naïveté, des sujets graves et profonds peuvent être abordés. Un must qui ravira les amateurs de bonne BD.