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Will Eisner
dessinateur, scénariste
6 mars 1917 | Brooklyn, New York (USA) 3 janvier 2005 | Lauderdale Lakes, Floride (USA) |
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Will Eisner sur BLAM! :
• Fagin le juif Fagin le juif
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De son vrai nom William Erwin Eisner, il est né à New York le 6 mars 1917. Eisner et son ami Jerry Iger fondent le studio Eisner-Iger où des dessinateurs comme Bob Kane, Lou Fine, Jack Kirby font leurs débuts.
En 1939, l'association Eisner-Iger cesse et Will Eisner produit des bandes dessinées pour la presse, c'est là que naîtra, entre autres, son personnage le plus célèbre : The Spirit (juin 1940).
En 1942, Eisner est mobilisé. Il dessinera des posters pour le moral des troupes.
Après guerre, avec l'aide d'assistants tels que Jules Feiffer puis Wally Wood, Eisner reprend les aventures du Spirit, utilisant son personnage pour explorer des genres très diversifiés, de la Science-fiction à l'exploration de la vie quotidienne américaine. Eisner lancera plusieurs séries en dehors du Spirit, mais aucune n'aura véritablement de succès. Il finira même par abandonner la série Spirit en 1952. Dans les années 60-70, Eisner publiera peu de bandes dessinées et se consacrera surtout à l'illustration éducative ou publicitaire, ainsi qu'à la pédagogie. Ironiquement, c'est à ce moment là que les critiques ou les historiens de la BD se mirent à découvrir Spirit. La demande du public pour le Spirit commença à croître jusqu'à ce que le maître cède et lui propose quelques nouvelles aventures de son héros.
Mais il n'avait plus le feu sacré, ce qui l'intéréssait à présent c'était de raconter le Brooklyn de son enfance, et c'est ce qu'il fera avec Un pacte avec dieu, publié en 1978. Cette Bande Dessinée est une date historique du genre, car c'est véritablement le premier Roman Graphique (Graphic Novel) qui, pour les américains, provoquera une véritable prise de conscience des potentialités du média. Il ne s'agit plus ici de super-héros ou de contre-culture (comme en proposait l'underground des années 60), mais une forme littéraire enfin arrivée à maturité.
Suivront d'autres histoires semi-autobiographiques (Le rêveur, Au cœur de la tempête), ou de pures fictions racontant la vie de tous les jours à New York (et puis une étrange histoire de politique fiction, L’appel de l’espace). Viendront ensuite des adaptations ou des relectures d'auteurs littéraires : Kafka, Cervantès, Melville, Dickens (dont Eisner fera une adaptation libre bien des années plus tard avec "Fagin le juif"). Avec la régularité d'un métronome, Eisner ne cesse plus de produire bien qu'il eût pu se reposer sur ses lauriers de légende vivante de la bande dessinée.
Le dessin d'Eisner est dynamique et bavard, volontiers caricatural, théatral, chorégraphique, plus que chez aucun autre. On peut parler de mise-en-scène et non de « plans » et autres « cadrages ».
Il est intéressant de savoir que Will Eisner a beaucoup réfléchi à son métier. Il a publié deux ouvrages théoriques expliquant sa vision de l'art de la bande-dessinée qui constituent en fait une véritable analyse du maître par lui-même
Depuis 1988, un prix très prestigieux est remis aux auteurs de bandes dessinées sous le nom de Eisner Awards.
Will Eisner n'a cessé de travailler depuis plus de soixante ans. Sa carrière a débuté dans «WOW What a Magazine!» en 1936. Jusqu'aux derniers jours, Will Eisner ne s'est jamais résolu à prendre sa retraite. Il s'est éteind le 3 janvier 2005 des suites d'une intervention chirurgicale à coeur ouvert. Il avait 87 ans.

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